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Hausse des prix : tensions en Afrique de l'Ouest, un mort en Côte d'Ivoire
CÔTE D'IVOIRE - 2 avril 2008 - par AFP

Des manifestations contre la "vie chère" se sont poursuivies mardi à Abidjan, faisant un mort et une dizaine de blessés en deux jours, et témoignant de tensions sociales de plus en plus vives en Afrique en raison de la hausse des produits de première nécessité.



Les manifestations, qui ont éclaté lundi dans l'immense quartier populaire de Yopougon (est d'Abidjan), se sont étendues mardi matin dans la capitale économique ivoirienne, en particulier à Port-Bouët, un quartier sud jouxtant l'aéroport international.



A port-Bouët, des groupes de jeunes et de femmes ont érigé des barricades et enflammé des pneus pour protester contre la hausse de denrées alimentaires.



"On a faim. On veut manger!", criaient certains d'entre eux.



Mardi soir, le président ivoirien Laurent Gbagbo a lancé sur la télévision nationale un "appel au calme" à ses compatriotes, affirmant être "sensible à la douleur des Ivoiriens".



Il a confirmé des mesures d'urgence annoncées à midi par son gouvernement pour amortir la hausse des prix des produits de première nécessité.



Il s'agit essentiellement de "la suppression des droits de douanes sur les produits de grandes consommations que sont le riz, le savon, savon, l'huile, le lait", ainsi que "la réduction de moitié de la TVA sur ces mêmes produits qui passe ainsi de 18 à 9%", a indiqué M. Gbagbo.



Le chef de l'Etat a brièvement évoqué les manifestations mais n'a pas abordé le bilan de la violente répression de la police qui a fait usage de gaz lacrymogène et de tirs à balles réelles.



Selon des témoignages recueillis par l'AFP, il y aurait eu au moins un mort et une dizaine de blessés en deux jours.



Le corps d'un homme visiblement atteint à la tête a été transporté mardi matin dans une charrette par une foule en colère jusqu'à l'hôpital de Port-Bouët, ont constaté un journaliste et un photographe de l'AFP.



L'explosion de colère lundi à Abidjan est intervenue au lendemain d'une manifestation - interdite- contre la vie chère à Dakar au cours de laquelle vingt-quatre personnes, dont deux responsables d'associations de consommateurs du Sénégal, ont été arrêtées par la police.



La hausse des prix des matières premières, notamment alimentaires, a provoqué des flambées de violences dans d'autres pays du continent, notamment au Cameroun où des émeutes, fin février, s'étaient soldées par 40 morts selon les autorités, une centaine selon une ONG.



Le 15 mars, des dizaines de milliers de personnes ont également manifesté dans plusieurs villes du Burkina Faso, où des syndicats ont appelé à une grève générale les 8 et 9 avril pour protester notamment contre la vie chère.



Une quarantaine de personnes ont été condamnées à un an de prison pour des violences en marge d'une précédente manifestation fin février à Ouagadougou.



"Aucun pays africain, et particulièrement de la sous-région ouest-africaine, n'est épargné par cette hausse généralisée des prix provenant de la forte augmentation des prix mondiaux de ces produits essentiellement importés", soulignait d'ailleurs mardi le gouvernement ivoirien, rappelant avoir déjà pris des mesures de limitation des prix en 2007.

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